A. Cambremer : "Le sentiment du travail bien fait"

12/05/2020

Après avoir formé la jeunesse quevillaise pendant 13 ans, Arnaud Cambremer quitte le club avec un brin de nostalgie. Grand artisan de la réussite de l’association, le Coach, dont le métier principal est enseignant (certainement pas un hasard), retrace ses belles années passées sur le banc de l’USQ puis de QRM.



Professionnel, Arnaud Cambremer avait, avant cet entretien, travaillé ses fiches. Il faut l’avouer, cela nous a grandement facilité la tâche. Car en 13 ans, le Coach a vu passé pas mal de joueurs, rencontré de belles personnes, vécu des matches palpitants et à rebondissements… D’ailleurs, le plus marquant ne serait-il pas le maintien obtenu lors de la dernière seconde de la dernière journée de la saison 2018-19 en U19 Nationaux, à Lozai, face à Valenciennes (4-3) ?


Tout d’abord, félicitations Arnaud et merci pour toutes ces belles années au club. Comme tu l’as annoncé sur tes réseaux sociaux samedi dernier, c’est « une page qui se tourne ». On suppose beaucoup d’émotion à l'annonce de ce départ ?

Evidemment il y a un peu de nostalgie. Je n’avais pas encore ma première fille quand je suis arrivé au club… Treize ans dans une vie ce n’est pas rien ! Quand tu es à la tête d’une équipe, tout ton esprit est accaparé par cette dernière. Mais je quitte le club avec le sentiment d’un travail bien fait, sans regret particulier. Et objectivement, il était tant de tourner la page.

Revenons sur ton parcours, l’aventure a commencé en 2007 avec les 14 ans Fédéraux…

En effet, je suis arrivé le 1erjuillet 2007 en provenance de Bois-Guillaume où j’avais passé 20 ans, en tant que joueur puis entraîneur. Mahmoud-Tiarci et Marc Deveaux m’ont proposé de prendre les 14 ans Fédéraux, l'équivalent de U15 National. Quand tu as entraîné en départemental et en régional, tu souhaites continuer à progresser et tu ne peux qu'accepter ce genre de proposition. 

Après le maintien obtenu avec cette génération 1993, le club a décidé que je les suive deux ans de plus : en 15 ans DH avec une montée en U17 Nationaux (au moment de la réforme) puis un maintien l’année suivante dans ce championnat.

De 2010 à 2013, je suis resté à la tête des U17 Nationaux. Ensuite, j’ai rejoint, à la demande Franck Deshayes, les U19 Nationaux où nous avons réalisé une très belle saison : un maintien et un huitième de finale de Gambardella ! C’était une belle génération avec les Romain Basque, Fred Dembi pour ne citer qu’eux.

Le club m’a ensuite proposé d’entraîner l’équipe réserve (CFA 2). Une saison (2014-15) très enrichissante même si le maintien n’a pas été au bout.  

De 2015 à 2017, je suis retourné avec les U17 DH avec l’objectif de retrouver le championnat National. Nous y sommes parvenus la deuxième année… Après les U17, les U19 ? C’est ça ! On monte avec les U19 DH (2017-18) puis on se maintient en National l’année suivante. Et cette année, je suis revenu avec les U17 Nationaux.

Si l’on compte les matches de championnat et de coupes, ces 13 ans doivent représenter près de 340 rencontres. Dont 228 en championnat National.

Enseignant en semaine, entraîneur les soirs et le week-end, on peut dire que tu as une véritable passion pour la formation, la pédagogie, le plaisir de transmettre ? 

Oui c’est dans ce domaine que je suis actuellement le plus reconnu mais je ne veux pas être enfermé uniquement dans la case formation. Quand tu diriges une équipe d’un club amateur en National, c’est bien plus que de la formation. Tu es aussi là pour aller chercher des résultats, gagner des matches dans l’optique du maintien. Il y a donc la passion pour la formation mais également pour la compétition. Cela dit, cette dernière fait partie de la formation d’un joueur.



Ça va être difficile de choisir… Quel est ton meilleur souvenir ?  

Il y en a beaucoup évidemment ! Sur le terrain, je dirais mes trois années passées avec la génération 1993. C’était incroyable, beaucoup de soutien des parents, la découverte du haut-niveau, les succès… Il y a également la saison 2010-11 où l’on se maintient avec la génération 1994,95 en U17 National. Les garçons étaient très disciplinés. Un groupe comme j’en ai rarement connu. Obligé de citer également la saison 2013-14 où on termine, avec la génération Basque-Dembi, meilleur club amateur d’U19 National et on réalise un huitième de Gambard’.   

J’ai également connu des personnes formidables. Au niveau des entraîneurs, Eric Fouda et Régis Brouard. Certes deux personnalités complètement différentes mais j'ai eu de très bonnes relations avec chacun d'entre eux. Je me souviens avoir dérangé Régis Brouard dans son bureau deux jours après un gros match de Coupe de France afin de parler football. "Pourquoi as-tu joué comme ça ? Pourquoi ce changement ?" C’est un entraîneur qui rentrait dans le détail. Jeune coach que j’étais, ce fut très enrichissant d’échanger avec lui.  

J’ai une grande pensée pour Mahmoud-Tiarci et pour Franck Deshayes. Deux personnes qui m’ont beaucoup soutenu. Ils m’aidaient à me focaliser uniquement sur la partie sportive, le reste ils s’en occupaient. Je les ai adorés et m’ont beaucoup appris.

Si je peux me permettre, je voudrais en profiter pour remercier Monsieur Mutel évidemment, Annie et aussi Jean-Pierre Camblong, Stéphane Baziz. J’ai peur d’oublier des noms… Bien évidemment les joueurs, mes dirigeants : Daniel Fernandes, Vincent Lecerf et Francis Brunet. Sans oublier Evelyne Letellier ! Les adjoints qui m’ont épaulé : David Janela, Romain Hengrand, Nikos Vidalis et le dernier Lucas Chesnel.

Et tes moins bons souvenirs ?

Lorsque j’ai ressenti une sensation d’échec d’un point de vue sportif. Je pense notamment à la descente avec l’équipe réserve (2014-15). Mais l’ambiance était particulière, ça manquait de sérénité. A vouloir s’affoler des résultats, on en devient négatif. On rentre tous sur un terrain avec un seul objectif : gagner le match. Mais il faut relativiser, ça reste du sport et le plaisir doit toujours être présent. Certains ont tendance à l’oublier…

Ton match le plus palpitant ?

Lors de la saison 2013-14 et notre parcours en Gambardella. En 32ème de finale, on élimine le LOSC d’un futur champion du Monde, Benjamin Pavard. Je me souviens que Lille était premier de la poule au moment où on les jouait. Les gars avaient bien maîtrisé leur sujet. Et en plus de cela, on se qualifie après la séances des tirs au but. Tout était au rendez-vous lors de ce match !  

Et tu n’aurais pas une petite anecdote sympathique ?

Mon tout premier match, septembre 2007. Avec les 14 ans Fédéraux, on se déplace à Boulogne-Billancourt. Le chauffeur de Bus n’était pas habitué à conduire des équipes sportives dans des stades ; perdu, il demande sa route et nous dépose à un endroit. Sauf que c’était loin d’être le bon ! Au lieu de mettre 5 minutes à parvenir au stade à travers la forêt, nous en avons mis 45. Et en courant ! Nous sommes arrivés pile à l’heure pour le coup d’envoi de la rencontre… Défaite assurée, on s’était pris 6 à 0 ! Pour un premier match, je trouve que c’est pas mal (rires…)

Tu as entraîné de nombreux jeunes, certains ont fait carrière ?  

Bien évidemment Yassine Benzia (ex OL, LOSC, Olympiakos, Fenerbahçe. Aujourd’hui à Dijon (L1)). Je l’ai eu en U17 National saison 2009-10. Il arrivait de Caudebec-lès-Elbeuf et jouait en 10. En le voyant sur le terrain, je trouvais qu’il avait des caractéristiques pour le poste d’avant-centre, notamment son efficacité devant le but. C’était un garçon déterminé, travailleur. A partir de novembre, il faisait deux essais par mois dans des clubs professionnels. Il était fatigué mais il insistait pour, aussitôt revenu, faire les séances et jouer les matches. Il nous en a fait gagner d’ailleurs.

Il y a aussi Romain Basque (aujourd’hui au HAC (L2)) que j’ai eu en U19 Nationaux et en CFA 2. Je retiens sa volonté de bien faire, il avait déjà beaucoup de caractère et de motivation.

Après, j’en ai connu d’autres qui auraient pu connaître le monde professionnel…

Que retiendras-tu du projet QRM ?

Le club s’améliore chaque année. Il était nécessaire d’évoluer. Tous les ans, le club progresse dans tous les domaines : administratif, sportif et financier. Même si dans le domaine sportif tu ne peux pas tout prévoir... Il y a des aléas. Le football est loin d’est une science exacte. Et par moment, il faut savoir accepter que la progression ne peut pas toujours être linéaire.

Que peut-on te souhaiter ?

A part la santé qui nous montre actuellement que c’est la chose la plus importante, je dirais de trouver un nouveau club où je continuerai à prendre du plaisir. S’inscrire dans un nouveau projet qui me redynamise et me procure autant de plaisir qu’à l’USQ d’hier et à QRM d’aujourd’hui. J’espère que je reverrai un maximum de gens sur le bord des terrains !  

L’ensemble du club te remercie et te félicite Arnaud pour avoir mis en exergue la formation quevillaise pendant toutes ces années. MERCI !



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